Livre d'OR.   Forum.
Introduction.

Un receuil de 26 poèmes écrit par Amal Galla. Jeune femme Marocaine (journaliste et professeur de Français au Maroc).

(*) Un glossaire est adjoint pour les principales traductions, le passage de la souris fait également la traduction instantanée.


Bismillah...

Franchir le pas... la droite est pièce maîtresse ... la gauche est satanique... poser la droite pour ne guère profaner le lieu...!

Bismillah... ...
Des mots qui sonnent encore... se reflétant sur le carrelage qui rappelle à l'ordre des esprits leurrés dans la mosaïque...!

Bismillah...
Le son répété ..ânonné dans le vieux M'sid ... balbutié par la force de ce fouet qui vient de nulle part pour atterrir sur des têtes à moitié rasées.

Bismillah...
Et le M'sid devient terreur grandissant avec cet esprit qui n'ose plus franchir le pas... tellement l'authenticité est sensation dépaysée...!

Bismillah...
Et la lumière s'échappe de cette ouverture pour éclairer le vieux tajine orné d'olives vertes, et dont l'odeur chatouille la gourmandise de ces djellabas blanches qui se lèvent et se baissent en un mouvement simiesque...

Bismillah...
Revenir et reprendre l'odeur de l'authenticité incarnée en la senteur de ce bois ancien... et de cet encens s'exhalant... se mariant aux couleurs chaleureuses du zellige servant à apprendre à compter ... pas et espoirs...!

Un Bismillah qui traverse toute une vie... telle une bougie qui ... à force d'éclairer... verse des pleurs..!


Naissance 

Un mur.. peint d'ousli... lance des regards flamboyants à tous ceux qui le contemplent comme pour compter les fourmis qui s'y abritent...!

Un regard rougeâtre qui traverse les arcanes d'une monotonie délicieuse ... découvrant ainsi le sens de toute une vie ...! Pénétrer l'ennui ... gratiner ce vide chaleureux... et dépuceler cette terre vierge... un sol auguste... fertile... accouchant de peaux brunes...

Ta descente de cette pente brune paraît délicate ... mais la poussière émanant des pieds et des pattes fait oublier la dureté de la voie... La fantasia est rayonnante.. et les troupes folkloriques réchauffent les envies...

Le cheval est toujours maître du vide... voilà qu'il fait le tour des «agoras» et s'écoeure de voir ces visages paysans froids et mal rasés... Mais le mur est prestigieux... n'ayant que la faculté de supporter.. il se peint de patience et attends quelques affiches pour percer le vide ...! Ainsi cogitent les murs bruns... traversés de vide ou de nids de «tibibt»... oiseau légendaire éternellement réfugié dans l'enceinte de cette «cité de Dieu» ...
Comme tous les esprits natifs du crépuscule doré ...!


Adam et Eve

 A quoi ressemble le début de la souvenance...!
A leur rêve trop beau... quand la lumière des yeux éclôt, une heure bien espérée ... et se découvre des souriants parmi les silhouettes entourant le couffin insoucieux... et déjà le mal de coeur envahit ces yeux quand ils heurtent ces mélanges affreux manigancés par une femme au foulard gris et au noir... clair sur sa manière machinale de caresser ce corps rosâtre...!

Etrangler le démon luisant dans les yeux de cette femme qui fait chenille pour ensevelir/enterrer ce regard rêveur qui n'espère plus que revenir là où la cécité est meilleur remède ...!

Fils parmi autant de filles... percez-lui l'oreille.. mettez-lui une boucle ... il ne mourra pas...! et ces visages sillonnés de rides continuent de porter conseil à des esprits hébétés...!

Et le mercredi on se lave, on se rase guère ...
Et ce chat noir.. n'y touchez pas ... c'est la nuit ..!

Ne sifflez point .. la maison risque d'être dépouillée par l'effet du mauvais présage ...!
Et ce mauvais oeil qui nous guette le long d'une vie nous assurant que cette vie n'est que le fruit des aléas ... feuille d'automne ... et rêve bâtard..!

La souvenance amertume quand l'esprit voltige et tente de dénuder le sarcasme des regards leurrés dans l'exténuation...!

La souvenance .. féerie quand la beauté du rêve embrasse la candeur des sentiments ... et l'encensoir des souvenirs eu baume de sourires larges et de malices puériles...!

La souvenance ... méditation effrénée en quête du levant des désirs...!
A quoi bon ressemblerait la fin de la souvenance...!


Echo matinal

 Quand la souvenance étale des tentacules sur les mémoires vétustes... un goût d'immortalité envahit l'originalité du regard, et efface ainsi une désuétude objecte...! Voilà que l'orbe du soleil rougeâtre fait renaître, derechef, une authenticité ensevelie oubliée atone...

Entre une chaleur estivale et ... un hivers chaleureux... des histoires de regret... les visages se croisent, se jettent des contemplations candides et emplissent leurs yeux d'espérance et de chaleur...!

Aux pieds des murailles burinées qui les guettent , les pas foulent l'espace humide pour s'échouer dans la chaleur d'un plat matinal... la soupe.. sinon la féerique «bisara»... visage ocre ou verdâtre... pénétré de ce charme visqueux qu'est l'huile d'olives... bien pure comme en tient serment le regard du serveur...!

Après cette pause dont on reste captif, le long de la journée, les regards se précipitent ça et là... les sueurs qui traversent les corps n'osent camoufler les sourires latents... une lassitude frêle et une satisfaction enchantée se scindent autour de vieux symboles de convivialité bien regrettée...!

Le matin... un matin éphémère... les gens... des gens simples dont la défloraison brutale a fait ravage... le temps... un temps qui n'a pas eu l'heur de se perpétuer...!
Et un sourire arqué s'échappe de ce mur dépaysé ... offrant à tout esprit oublieux, à toute tendresse qui se refuse, le regard d'un hiver lointain ... la vision translucide d'une simplicité rayonnante pour ainsi dénuder une sociabilité qui s'empoisonne ... des regards synthétiques bien trompeurs...qui sont désormais, la quintessence de notre vie...!

Un...deux...un...deux...
Le Tic-Tac enivrant d'une vie conditionnée pour la redondance...! L'ouverture arquée de la beauté/authenticité réagit... emplit la vie de quiétude ...et avale dans sa splendeur des envies enfouies dans la timidité...!

Un...deux ... un... deux... Des pas qui résonnent encore dans l'âme de ce sol épuisé... à force d'embrasser le teint audacieux des babouches... et de se laisser heurter par des silhouettes pressées...

Un...deux...un...deux...
Des corps qui s'abattent sur l'air intimidé par le défilé ... en noir et blanc... d'images clichées... qui ne se laissent guère pénétrer par le déracinement...!

Un...deux...un...deux...
Un pion noir, deux pions blancs... se mariant avec un verre de thé enchanté...et se laissant à la portée de deux esprits quiets... deux «hajs» las d'ennui... meublant l'attente de l'imprévisible fatal ...
Le jeu de dames s'illumine... la perte auguste s'illumine... et le paysage et désormais ... destinée..!

Un...deux...un...deux...
Une restauration qui se refuse...qu'on refuse...et le soleil qui continue de tracer ses sillons sur le visage buriné des murailles... à l'insu de cette sentinelle qui se fait guetter par des regards étrangers...!

Un deux...une...deux...

Un espoir...deux illusions l'ensevelissant...
Une illusion...deux espoirs l'exaltant ...
Et l'oeil veille sur les âmes perdue .. en quête d'originalité...!


Fugue vers l'aube

 Errer dans ces voies sans fin ...telle est la destinée de toute âmes pensive...!

L'aube est toujours obscure...et mes pas enjambent le sol humide et s'offrent au néant de l'aurore...! Traverser ces ruelles étroites ... ces joie larmoyantes entre misère et chaleureuse vie... sur les mur, les cris des jouire se peignent en craie blanche.. «Vive KACM»....«Interdit d'uriner» ..«Love»...«Bob Marley»... et bien d'autre graffitis griffonnés sur les murs rougeâtres de la ville...!

La lumière du soleil encore perdue derrière le regard ténébreux de cette aube, et le sommeil est maître... Cependant, maintes sont les silhouettes qui traversent de bonne heure la cité...! Arrivé sur la place...les va-et-vient vocaux de quelque gens brisent le silence impossible de la place ...vendeurs de cigarettes en unités, vendeuses voilées de pains rond...veilleurs de nuit...gardiens de voitures... et d'autres corps graciles aux yeux brisés , à moitié endormis...! Eparpillées, ça et là sur la place...ces silhouettes sont les possesseurs de l'agora pendant la nuit...veillant sur elle en attendant ses piliers...!

Traverser encore et encore ce corps matinal...et s'aviner dans ce silence qui donne envie de s'oublier...embrasser par le regard le lumineux édifice ...la lumineuse «Koutoubia»...le Minaret à la présence majestueuse et qui prête à mille contemplation...cette fleur douceâtre chatouillée par la brise matinale... laissé exceller la voix du Muezzin pour intimider les fidèles et les inviter à embrasser la majesté divine dans leur prière... ils sont seuls à jouir de ce moment unique éphémère... et qui détient tout le charme...!

Et soudain... la place s'anime... la tumulte se fait héroïne... et le thé est le visage doré de la place... dans chaque «Halqua» il est l'invité d'honneur... plutôt le possesseur de tout les talents...!

Cette boisson mystique est le reflet des espoirs oniriques qui s'avinent en la dégustant songeant aux amours interdits, aux plaisirs prohibés,.. à tout les signes marqués de rouge... symbolisant l'envie... même la volupté...!

Délicieuse sensation de bien être quand les lèvres embrassent le bout du verre... et cet espoir de lover des doigts encore et encore ce corps à translucidité dorée...! Jamais la moindre envie de changer de partenaires... les verres «Hayati» sont les plus convoités des partenaires... lien éternel et sacré...

Lien authentique qui ne fait qu'enraciner ces silhouettes dans le sol bien maternel de la place...!


Des yeux...!

Dans ce ciel sans fin... les teintures flamboyantes m'ensorcellent m'emportent loin... très loin... dans un monde où les marabouts sont l'ombre profane des visages...! Je regarde ce ciel sanglant où les limbes se font prêtresse...!

Je regarde ce ciel aux nuages timides et bien discrets.. Je regarde ce ciel où les yeux d'un amour infini épient mes soupirs... m'enrobant dans une musique douceâtre... un air tendre d'un concerte de piano à éternelle lumineuse...!

Des yeux... et un indéfinissable amour faisant chavirer les nerfs de mon corps... et mon corps qui s'étire dans une euphorie à la fois de chagrin et d'extase...! Des yeux... mon inconditionnelle tentation... et ces touche qui effleurent la peau du piano pour m'offrir en notes dispersées à ce coeur/corps qui envahit mon existence...!

Des yeux... et la vibration de mon encre amorphe... animée par le mariage mystique d'une valse de vienne et d'un morceau de «Melhoun» ... «Fatma» ou le requiem de l'amour..!

Des yeux... mon impossible amour... mon enracinement dans ces couleurs rythmées.. mon appartenance à ce nulle part bien chaleureux... mon appartenance à ce nulle part bien chaleureux... mon errance éternelle pour retrouver mon âme perdue dans les «Souikas» ... dans les phrases d'«AL Azalya» ... assassinées dans les balbutiements de ce troubadour mesquin..!

Des yeux... mon amour... et l'indéterminable sensation du bonheur... le paradis retrouvé...!


Agoraphilie

Dans ces foules qui ignorent mon existence... je découvre mon existence nue dans les ambres scalpent toute senteur réelle...! Je me découvre ... tracé en signes «amazigh» de couleurs passées sur les amulettes de ces enfants nouveaux-circoncis...!

J'empreint les lames des barbiers pour en faire l'emblème diadème de mon espoir...!
Et cette lubricité que je vois luire dans les yeux de ces barbiers aux pieds des minarets tente de dénuder les passants de leurs barbes grisonnes...!

Et mon existence quitte le corps des amulettes pour percer la candeur de ces serpents qui ne cessent de se prendre pour des charmés... tellement la vue quotidienne est rassurante ... que pourront-ils devenir s'ils n'ont plus l'aura de trouver des cous graciles et souvent féeriquement parfumés qui supportent ...avec témérité ...leur touche si suave ...!

Je me vois cohabiter avec les colombes entourant avec fidélité cette figure mystique ornée de grosses pierres jaunâtres...les yeux errant dans le vide ...et l'âme perdue dans les contemplations ironiques...! Mon existence s'empare des narrations, infinissables de ce conteur magique... elle désire la perpétuité assurée par l'attrait du talent débridé de ce sexagénaire à esprit juvénile ...!

Et je me vois encore et encore... papillonner de foule en foule... entre les gnaouas tourbillonnant... et les trapézistes à élasticité incompréhensible ...entre lumières et lumière... luisant de sublimité...! Où donc retrouver cette lumière si particulière ... sinon... au coeur d'une «halqua» ...!


Désirs hypomobiles...!

Traversant les rues féeriques... en harmonie avec le rythme joyeux de la ville au charme rougeâtre .... Le «Coutchi» perpétue son image sans se laisser égratigner par aucun modernisme... il cohabite et ne cesse de luire de mille feux... Symbole de ce lieux d'acier hypo-humain... la calèche excelle en sublimité faisant baver d'envie les esprits... de s'offrir le plaisir du déplacement...!

L'ambassade du fer à cheval avec le sol chatouilles l'ouïe telle une musique angélique à deux temps portant l'esprit en une torpeur délicieuse, et l'on se voit fredonnant ce morceau d'Abdelwahab «igri, igri, igri ..» dans l'espoir que le trajet sera illimité ... tellement on est pénétré par un sentiment d'enivrement embrasé...!

Et la calèche voltige dans la médina intra-muros comme dans les rues extra-muros ... mariant le passager épris aux mouvements tumultueux et chaleureux de la ville ancienne avec ses vestiges ancestraux et les images soudant de son activité et dont l'équation sent l'encens...

Et le mêlant aussi aux grands espaces exotiques lui offrant la contemplation du crépuscule ... l'enchantement quotidien du soleil au coeur des palmiers en un chef-d'oeuvre flamboyant tel ce henné caressant le front des deux chevaux qui font exprès de ralentir pour se laisser buriner par c fouet bien tendre...! Et cet homme à l'allure bleuâtre et au couvre-chef à la couleur passée se trouve guidé par ses chevaux... et, à moitié endormi, se fait éveiller cruellement par la voix d'un passant «A ch'hat !!» .. en attendant de servir de cocher à une créature de rêve ...pouvant lui faire oublier... le temps d'une ballade ...le poids d'une famille tordant toute sa patience ..!

Après une telle ballade... et sentant qu'on a presque touché le ciel des émotions ...on se trouve désormais tenté de renouveler cette fugue... et on a bien raison ..car la calèche... si elle ne peut exceller qu'en deux chevaux ...elle demeure, néanmoins, au gré des véhicules, un incomparable charme austral ...! Abracadabra..! S'arrêter pour percer l'avenir... découvrir ses arcanes... s'infiltrer dans les dessins du destin ...sans pouvoir les réajuster ...!

La cartomancienne guette les passants... enfouie sous son ombrelle noire... on ne peut découvrir de son corps qu'un regard mystérieux... camouflé par les extrémités de son «ngab» ...! Elle épie les pas qui osent se mêler à la fumée de l'agora... médite leur présence passagère ... et élit celui ou celle qui semble pouvoir ouïr ses prédictions...!
Et les cartes s'étalent... signes éclaireurs servant de lumière futuriste... mais avant ... une division à trois parties ne peut que fidéliser les cartes et les amener à entrer en télépathie avec cet être qui prête l'ouïe bien soumis...!

«Mon coeur... Ma pensée... Destin de Dieu»... et voilà que les cartes dévoilent leur corps cartonné... et la cartomancienne est héroïne...!

Mystère quand des cartes à deux sous ont le don de voir loin... bien loin... au-delà du possible...! Et ces êtres jaillissant de crédulité succombent en hébétude et contemplent l'As qui semble démentir tout leur credo et tire d'oubli leurs envies et angoisses très nettes pour une cartomancienne de longue carrière...! Et cet As de «Chbada» ... à moitié déchiré... fait éclore de la nuit des temps un «Mektoub» ambigu... où l'on est toujours malchanceux, victimes d'injustice, bon et tolérant... mais l'on atteindra les désirs... et l'on vaincra le mal entourant la destinée... c'est là... dans les cartes ... l'on sera protégé par ce «valet»... évitons cette «dame» de malheur ...et confions-nous à ce «roi» bienveillant ...les cartes ont parlé ... il faut suivre leur homélie muette... elles en savent plus que nous... elles détiennent le secret de l'avenir... elles ne mentent jamais ...!

Et cette cartomancienne se plaît à découvrir dans les yeux une candeur éblouissante... c'est la clé de la foie...! La petite morale de la fin... et les cartes regagnent leur cachette ... en l'attente d'un nouveau destin... défiant toute «boule de cristal» se croyant maîtresse du présage...!
Et l'on quitte cette femme abattu... ébahi... surpassé par les événements ...la tête emplie d'illusions et les poches et les principes vides... bien trop vides pour pouvoir ne guère passer devant cette cartomancienne sans croiser les mains et dire avec soumission sacrée... «M'sellemine»...!


N'saras...!

S'infiltrer dans les foules de ces «n'saras» qui contemplent ébahis, les débris de civilisations ancestrales... réincarnées, subitement, en articles artisanaux... sentir leur exhalaison particulière ...senteur bien loin de l'eau de rose que s'offrent, luxueusement, les grands de la famille...!

Leurs regards paraissent bien exotiques... teints en bleu ou en vert... ils enivrent les coeurs fragiles des jeunes qui ne pensent plus qu'à appartenir au sol de l'outre-mer... tellement ces murs ocres semblent les exaspérer ...ou peut être est-ce leur fainéantise mêlée à une outrecuidance acquise qui combine leurs songes chimérique..!

S'approprier la plaisance de ces objets à charmes débridé.. défilant tout au long de l'horizon des visions... prônant ainsi leur vraie valeur comme pour dire que ces prix éparpillés ne sont qu'une imitation sordide de leur beauté..!

Cuivre... embaumant de mille saveurs.. reflétant par son habit doré l'excellence de ces artisans qui étalent leur talent dans ces fins traits et lignes.. défiant toute alchimie..!
Bois auguste .. s'ensevelissant d'arabesque.. et les couleurs l'ornent telle la mariée dans ses noces.. le bois s'enivre par le va-et-vient tumultueux de ces yeux stupéfaits ..et sa fierté se déchaîne..! Luit majestueux... observant hautainement les peaux qui tentent de l'atteindre ...et se rappelant les coups encaissés dans ses longues épreuves d'endurance.. à la tannerie..!

Bijoux argentés.. bravant toute la joaillerie de marque.. ne se sentant guère à l'aise avec ces corps blonds et ces regards bleuâtres ...cherchant, désespérément, à embrasser les teints diaphanes les regards traversés de «Khol»... les mains et pieds raffiné... et les visages tatoués.. à luxure latente..! Et puis habits fleuris.. à fils hybrides.. où les mains du «Maâlem/Berchman» se sont surpassées en lovant envies et aiguilles.. à travers les chas patients à supporter une pénétration quotidienne.. pour ainsi accoucher de vêtements invitant à des transes perpétuelles..!

Les miroirs ne cessent de refléter ces regards euphoriques transhumants.. myriades de visions dont la représentation/carte-postale n'est qu'un repiquage figé effleurant l'hébétude norme... ne sachant en aucun cas traduire cette lumière authentique..! Déserter ces foules ..jeûner pour ne guère être captif de ces regards des «Nsaras».. regards dénudant la pudeur originale... en tout cas ...regards éveillant en nos coeurs les désirs agonisants... mais en nos yeux la beauté souvent omise d'un champ vaste se nourrissants «magnificence patrimoniale»...!


«Mabrouka» ..!

Combien conviviale cette chaleurs qui ignore les ruelles de l'ancienne cité.. émanation sacrée d'un sol aussi fécond que les espoirs qui le traversent..!

une odeurs chavirante.. celle des «saucissons» truffés aux sieurs souillantes.. mêlée à l'exhalaison des corps qui puent l'ennui..! Et l'odeur traverse les airs.. embrasse les héros des affiches comme pour se lamenter de ne pouvoir assister à ce films hindou qui fait choir les coeurs «hindophiles»..!

Un regard indifférents chantonne avec candeur son ignorance.. Et des yeux épris soupirent en se croyant «Disco danser »...juste pour toucher la main de cette créature de rêve... ou «Rambo» pour satisfaire le désir immodéré de vivre «l'action»...

Sauver le monde et triompher en gagnant les lèvres d'une blonde..! Le vendeur de «pépins grillés» observe ces tête dont le regard est suspendu vers ces héros éternels... et protège par son sourire le roi du Reggae... perpétuel édifice sur les murs peints de fumée salée..! Et une voix gracile surgit comme pour attiédir les moeurs...« chettba.. chettaba..» le balai s'impose comme signe de «navet» pour juger ces tendresses onéreuses... qui à force d'observer.. brouillent leur image..!


L'espoir dorsal...

Les oiseaux se cachent pour aimer... Cette terre qui embaumée.. ce chagrin enfouit dans l'esprit oublieux des djellabas indifférents.. cette insouciance qui se vent sourire sur les lèvres embrassées par l'oubli..! Un regard/espoir qui tente de sauver sa quiétude loin d'un conditionnement authentiquement savoureux... loin des oiseaux qui aiment à se cacher..! Loin ..bien loin de ce dos maternel qui liore à l'exil.. donnant grand désir de naître igné..!

Mais... l'attachement est sentiment filial... et deux esprits, à force de s'entrelacer, deviennent un...! Le regard perdu dans le brouillard des gratte-ciel.. se morfond à espérer la lumière diffuse dans ses yeux ternes... Est-ce la fin du soleil..? ! Et au bout de cet enlacement... une vision enchantée croyant en un destin lumineux... d'où s'exhale cette odeur forte du curry... servant à rien sinon à ahurir les oiseaux/spectateurs..! Est-ce le début du rêve..!

Ces demeures témoignent sur le croisement de deux voies pourtant ceintes peu cette appartenance dorsale.. De nouveaux oiseaux creusent leur demeure pour faire face à ce va-et-vient d'émotions hybrides..! Les acteurs entrent en scène pour en ressortir...
Le spectacle se perd dans les grincements des poussettes et les oiseaux cachent leur amertume...dans l'attente d'un nouveau spectacle dorsal..!


Patio...! 

Etoffant dans ces murs étroits n'offrant l'espace d'une ventilation serein.. l'on ne songe qu'à cette demeure d'autan .. où l'on se lasse à compte les carreaux ..myriade rayonnante de couleurs aplatie sur un sol bien béat...ou s'identifiant à ces murs qui rafraîchissent les joues s'y collant et supportent les coups d'une ballon cajoleur..! Les orangers et le citronnier au centre rendent ombreux cet espace où les oiseaux se font rendez-vous..!

Cette petite pièce espérée «salon» n'est qu'une miniaturisation aveugle d'une «Kobba» majestueuse... petit île de tout un archipel spacieux... l'eau jaillissant des fontaines marbrées... et ces robinets sordides crachent l'eau comme sur les figures ...! Et l'on fugue cette étroitesse vers les souks immenses... l'odeur des épices et celle des peaux hâlées... senteurs de la menthe... des olives... du bois ciselé... du café moulu... du thé de «France» et du savon de «Taza»... du feu embrassant le fer... du «Musc» ensorcelant et de l'eau de roses de «Dades»... des brochettes à l'envie et des beignets croustillants et nous... du thé et des «maâlems» puant talent idyllique et fainéantise..!

Les souks exhalent leur détresse... cherchant à imbiber leur soif fétide du produit incolore de ce «luerrab» à parure rougeâtre... jet - d'eau ambulant avec sa «Taraza» de paille dorée... cible idéale pour en photographe insensé..! Et la photo est belle ornementation sur un mur pâle...

Alors que le visage de «Sidna Ali et L'ghoul» continue d'orner les clichés de nos vision lointaines... à perte de vue..!


Slilou

Fille de fébrilité... petite fille d'envies onirique... telle est la candeur de toute âme enfantine se réveillant un matin bien particulier par les coups exhortant et exorbitants à la fois du «Mehraz»... moulant sommeil et sésame ...et émanant d'une senteur auguste.. celle du jour tant attendu... l'«Achoura»..! Désormais.. l'éveil est maître.. et cette souvenance enfantine mêle, des yeux indiscrets, épices et tambourins.. visages ridés et farine dorée.. fruits secs et arabesque sur les murs..! Ainsi.. l'envie d'une fugue exorcise la timidité c'est notre fête ..!

Le regard encourageant d'une grand-mère magique au foulard ocre ...nous offrant à déguster ses oeuvres éternelles .. et nous caressant les yeux par son sourire mythique ..! Le son de la «Deqqua» invite à se passer de tout les délices pour aller joindre la floque lumineuse..!


Et le charme vespéral ne se fait guère attendre... les lumières jaillissent de tout part et les flammes embrasent nos coeurs... tellement d'euphorie que les mains s'oublient et se laissent traverser par le marmottement du rythme sacré... et les peaux séchées subissent le martyre des tambourinages... se sacrifiant pour le sourire de nos rages enfouies... répandant l'harmonie enfiévrée et s'abandonnant à leur fatum..!

Ce regard vespéral se brûle quand la souvenance regagne cruellement ce présent lointain... et l'espoir enfantin n'est plus que cliché ancestral.. bien plus fluet que le rêve d'une nuit feutrée..!


Solitude..!

 Une lumière esseulée... étouffant dans les vicissitudes... apitoyant les regards idylliques... mais n'osant franchir les marches de la fatalité ...! Destin crépusculaire ... tranchant l'espoir onirique d'une innocence dans la fleur de l'âge ... dispersant cette espérance ça et là... la tatouant d'une touche apétale...! Ce regard enfantin leurré dans l'indifférence... finirait par chanceler ...par ce mêler à tout air frêle ...si, toutefois, aucune main tendre ne prenait la peine d'essuyer la poussière de son horizon ...et de réorienter ses aléas...! Ô douleur amère d'un destin sordide...!

Le voilà qui se camoufle de l'oeil du soleil... peut être fuit-il toute luminosité démentielle...! ou peut-être n'a-t-il plus la veine de la contemplation hargneuse.
Sa candeur pourrait-elle braver son présent va-nu-pieds... pourrait-elle enjamber la sinuosité qui burine sa voie... pourrait-elle faire souder la lumière de la béatitude du coeur du désarroi... on a droit au rêve ... heureusement...!

Forcé à subir l'emprise d'une vie lourde sur sa pudeur... il tend sa main pour supporter le poids de la fatalité ... écrite ainsi avec terreur sanglante... l'oisiveté de tous les droits...! Il se livre au gré de l'aridité des envies... à une torpeur qui semble brutaliser sa propre envie... bien trop immaculée pour supporter même la moindre souillure...!

Etait-ce sa destinée que de brûler sa flamme avant même de l'allumer... était-ce un droit ou une obligation que devoir traduire ses mots de naissance en des maux griffant l'agonie de son enfance désormais inféconde...! Cependant... le sourire gracile continue de luire dans ses lèvres... et au creux de son coeur balbutiant avec hardiesse... «je suis l'espoir... et l'espoir est une flamme éternelle»...!


Contemplations...!

Ce goût de charme poussiéreux fuit d'entre nos doigts ... un esprit simple d'inspiration ... une beauté limpide qui laisse choir sa grâce sur le regard...!

 Contemplations charmées par la tumultueuse interaction dans un des souks féeriques du grand royaume au magnifique crépuscule...! Contemplations douceâtres pour un «haïk» qui passe... laissant la trace de son parfum chatouillant... parfum de l'encens mêlé à la sueur d'un teint brun...! Le «Haïk» refuse, pourtant de faire volte-face... il résiste encore... enjambant les orientations dites rénovatrices...!

Contemplations candides d'un regard enfantin qui s'entremêle à cette myriade de «chouifs» pour dessiner la curiosité dans les yeux...! Contemplations pressées d'un passant sur son vélo ... se dépêchant pour atterrir loin... bien loin de son propre «aéroport»...!

Contemplations malins d'un vendeur... qui ... devant sa marchandise... et à force de patienter ... oublie le langage des yeux et passe à celui des paroles fleuries ... pour ainsi donner sens à ses produits ...!

Contemplations caressantes d'un sol désormais aride... ne pouvant plus jouir de l'odeur des babouches angéliques ...!

... Mais ... contemplations nostalgiques quand la vision nous fuit et ne reste que le souvenir d'une image clichée ... dispersée dans la poussière des envies / rêves bien camouflés ...!

Cependant ... contemplations d'espoir pour les regards assoiffés du retour aux racines ...!


Lila...!

Dans la nuit ... une sensation étrange ... une envie d'être démoniaque ... un désir d'être possédé par les «M'louk» pour pouvoir jouir d'une exorcisation rythmée .. dans la «lila» ...! Et la fumée du «Bkhour» heurte les lumières sombres ... puis .. les silhouettes sortent de l'ennui et de l'inquiétude ... exorciser leurs douleurs ... dépuceler leur amertume ... crier par un corps subitement inlassable ..

Ô peine enfouie ! «Allah Ya Moulana...» et le son du «guenbri» se mêle aux soupirs rythmés du «Gnaoui»... l'on est transporté dans un monde où la tribu fête sa proie ... et ... par des louanges au son du tambour ... prie le ciel de son offrande ... et appelle les esprits de la nuit .. qui trouvent refuge dans le nihilisme ... ce chaos meublé de «jawi» ..! «Esprit de la mer .. fils de la forêt... «Lalla Mira» ... et le jaune éclate... «Lalla Mimouna» ... emporte-moi dans les ténèbres de la délivrance... fais-moi le songe d'une sérénité que je ne cesse de quêter... Des âmes en euphorie de transe ... des corps emportés par l'ornement... des esprits qui survolent le croyable ...


On ne ressent plus de douleurs ...même ces couteaux qui traversent la chair ne font que satisfaire l'envie de se délivrer ... délivrer l'âme captive de sa légèreté...! Et le sang pourpre ornant le sol vient apaiser les flammes s'emparant des corps enfiévrés ... le sacrifice met terme au tourbillon des danses .. danses des couleurs et des âmes ... danses des candeurs dissimulées dans le néant de la peur.. le gnaoui triomphe.. il atteint son acmé ... et les adeptes s'abattent sur le sol sec... ne songeant qu'à jouir de ce «Nirvana» ... quiétude ..

Ô âme retrouvée ...! «Allah Ya Moulana»... « le guembri» continue de chanter sa piété ... l'opalescence de ses désirs .. criant bien fort comme pour tire d'oubli le son des tambours d'une tribu ... bien lointaine ... au coeur des songes ... au-delà de tous les fantasmes...!


Le temps d'un Vendredi...!

Que de piété ensevelie ce jour au soleil continu ...
«Puisse la grandeur du Seigneur tout puissant orner nos jours de clémence et de Miséricorde» ainsi psalmodient les langues enterrées aux creux des djellabas...! pieuses... pour garder l'espoir que les péchés des jours «d'ignorance» se pareront d'inexistence ce jour sacré ... et pouvoir ainsi entamer une nouvelle «page» d'ignorance ...!

Le vendredi n'a guère les propriétés d'un jour ordinaire ... il possède, en effet, la magie puissante d'hypnotiser le mal et de tracer un sourire en béatitude sur toutes les lèvres...!

La matinée est une séance de philanthropie insaisissable ... où tous les «hajs» s'exercent à faire la quête d'une bonté se situant quelque part au-delà de leur connaissance ...! Et les mains tendues si fragiles et si pitoyables ce jour... ne se lassent de s'étendre et de s'élargir pour contenir les fruits d'une prodigalité soudaine...! Vient la voix sacrée du Muezzen inviter les fidèles... tellement nombreux ce jour ... à ouïr l'homélie de l'Imam au «Bornous» infatué ... et à prier le bon Dieu de protéger famille et proches ... et surtout les protéger eux-mêmes... de tout mal ou insalubrité ...! Les foules des croyants aux teintures blanchâtres se dispersent ... l'odorat chatouillé par l'appel irrésistible du couscous aux sept légumes ...!

Le couscous n'est point un repas comme les autres ... c'est un rite ancestral ... vestige majestueux des aïeux ... préservé farouchement contre toute innovation ... Nos esprits croient au mythe du couscous... sa présence constitue le maintient des liens familiaux ... cette assemblée tant désirée qui fait l'honneur d'une mère au regard douceâtre, ayant conçu l'ouvrage du couscous ... et la seule possédant les arcanes de sa luminosité ...!

Le père souvent au sourire fade ... se délecte en contemplant la réussite sociale de ce plat ... remerciant le jour du choix d'une épouse sans égale ... un jour qui ne fût qu'un Vendredi ... Mais grimaçant pour ne guère laisser choir quelque sourire pourtant léser le respect parental ...!

Une sieste sans fin dans cette journée sans fin ... où les moments espèrent l'amnésie n'osant anéantir le bien-être de gens gais jusqu'à l'avivement ... heureux de pouvoir sentir la clémence Divine et parentale... et de voir danser de joie les yeux de tous... dispersés à guetter les moindres rires ...! Des yeux en liesse ... et la gaieté s'épuise quand les couleurs s'assombrissant du ciel annoncent la profanation du rêve sacré ... la journée s'éclipse et la terre exerce son devoir journalier ... cela tourne du coté du soleil ... et cela hume l'amertume au quotidien au coté des gens qui épient jusqu'aux poussières des instants afin de revoir leur piété se trouver refuge au vendredi sacré...!


L'ombre et l'Oubli...!

Parfum authentique.. ombres de l'oubli... senteur délicieuse embaumant d'un bois féerique...! La souvenance s'emplit d'images vétustes.. des ombres / enfants transportent sur les têtes graciles un corps étendu de bois... où repose paisiblement ce merveilleux goût ne pouvant échapper aux différentes tables...! Et l'on atterrit là où on crache le feu... cet homme brun qui se tient hardiment près de la boite-au-feu ... inspire courage et terreur à la fois... ombre robuste suant l'amour du métier et des gens... ceux de la «driba»...!

Ce va et vient pénétré de brouhaha ne fait point tromper cette ombre qui se rappelle tout être ayant traversé le seuil de ce morceau d'enfer ...! Et dans cette panoplie des «descendants du blé», apparaissent des «rangées sucrées»... de petits gâteaux.. entrée bienvenue... pour égayer le gardien de l'enfer... et rompre la routine de ces coeurs/corps embrasés...! Cette issue noirâtre rassembles les ombres ... assistant à l'ensevelissement d'une «tangia»...! au coeur des cendres ...!

Les esprits avides contemplent et n'osent ... ce feu qui avale ces splendeurs ... et n'arrive à satisfaire son appétit ...! Et les ombres voyagent dans cet endroit ténébreux où la sueur se marie à l'eau... dans un festival d'étouffement ... le «hammam» qui accueille les souillures de corps las... frottement sordide ... affreux souvenir enfantin...! L'amertume envahit ces images... amertume délicieuse toutefois.. quand l'odeur des petits gâteaux magique traverse la vue candide..!!

Cependant.. tristesse et désolation... le temps foule les esprit dans ses replis... et tout ces images s'anéantissent ...s'évaporent en mille morceaux... et ne laissent que des soupirs trop mûrs pour sourire... trop ruinés pour pouvoir distinguer l'odeur de la «tangia» de celle du «Hamburger»..!


Aux Enfers..!

Solitude atroce... celle que l'on hume au milieu des ces langue qui médisent la beauté..!
Et ce peintre enseveli d'ardeur tente d'extraire la juvénilité de son pinceau et laisse choir l'esprit de son égérie... sous l'égide d'une passion indéterminée et inconditionnelle..! Les couleurs s'assombrissent.. et voilà que le pinceau se trouve captif des enfers.. Hadès l'accueille et lui offre un séjour sans souillure.. en fait, ce séjour infernal n'est que quelques moments liquidés avec peine dans ce cabaire hebdomadaire qu'est le «Hammam» .

Dans ces corps dont l'exhalaison vous fait évanouir... au n'ose regarder... tellement pressé de remplir un devoir amer et de sortir avec les moindres dégâts possible..!
Chaleur humaine.. chaleur suffocante d'un lieu sans aération .. et l'on subit avec mutisme abject la douleur de notre claustrophobie sans oser respirer le déclin de crainte que l'on soit châtié par un frottement austère et sans fin .. clémence..! Sur ces visages qui nous entourent.. des regards ornés de vide et de lividité .. d'autre qui ont pitié d'un corps graciles.. et ceux-là qui succombent en onanisme sous le charme innocent d'un corps gracieux..!

Que d'horreur cadavérique .. et l'attente est langoureuse pour enfin se voir exaucer la prière et quitter le «Chez Hadès » sous le sourire ne vous donne que davantage la nausée.. et l'on hâte les pas sans se tourner .. tellement la frayeur est vertu ..!

Le pinceau teint de clarté sa terre inféconde.. et elle chante en offrande son pucelage .. le sang sillonne le teint blafard de ce coeur puéril .. Et serment se fait de ne guère approcher cet enfer/Hammam.. évocateur de symboles démoniaque champ d'une multitude d'histoires satanique faisant objet de frayeurs nocturnes.. de cauchemars à vous faire sur la peur bleue chaque fois que vous vous obstinez à défier la hardiesse..!
Le pinceau fugue ces images ténébreuses et ce cloître tout près d'un marabout .. bien béat de pouvoir enfin s'infiltre de «Fassoukh» et classer ces mauvais esprits qui ont hanté depuis son éternelle existences chaque touche qui espérait .. avec candeur .. toucher l'étoile de ses rêves..!


Abattoir..! 

Ces regards sanglants .. dessinant l'itinéraire de tous ces instants où on osait haïr autrui pour la cruauté qu'on croyait toucher dans leurs yeux ..

Ses scènes pourprées dont la vue était insupportablement rude .. de ces ciseaux qui dansent dans la vie main de ce barbier .. aux phrases mielleuses.. vous prenant pour le dernier des sous-doués en vous lançant «chouf tuiyar».. alors que la terreur s'est appropriée votre corps.. et d'un geste machinal.. circoncision est faite .. et virilité est assurée ..!

De ces transes enfiévrées.. exorcisant les lamentation étrangères hantant les corps.. dans une «Derdba» vespérale.. Les choeurs gnaoui exerce ses dons .. et la cure semble cruellement adoucissante ..! Et un instant ..on ne reconnaît que des silhouettes perdues dans un tourbillon.. pour laisser choir leurs corps prostrés .. sous la senteur d'un «jawi et salabane»suffocant ..!

De ce sol teinté de sang après l'égorgement d'un futur festin.. cet être qu'on caresse.. qu'on orne de Henné.. qu'on aime rien qu'en voyant ses yeux si tendres.. cet être s'égosillant tout la nuit comme pour agoniser .. invitant les siens à une exécution collective..! Et les têtes rejoignent le brasier .. et le coeur s'embrase .. sur le feu et dans le regard ayant assisté une autre page sanglante dans l'histoire de l'homme et l'animal.. chagrin passager quand goût des morceaux de viande enchante notre appétit..!
Et le sacrifice est bien bénéfique ..!

Scènes pourprées ancrées dans nos visions .. surgissant chaque fois que l'horreur enveloppe nos pensées.. nous rassurant que tout est éphémère..!


Malice . .!

Cumin .. Poivre.. et gingembre...
Thym.. verveine .. et lavande..
Menthe .. et puis..!

Le lampadaire est bien cruel ..voilà qu'il fait tout oublier à la tête minuscule qui s'y cogne ..! Clous de girofle .. ai-je dit ..!

Les rires malicieux du mur à moitié humide ... écrase le silence timide de ce dos courbé... à force de se souvenir...! Derrière le bois sculpté -en arabesque- de cette fenêtre de mes envies ... mes yeux participaient à cette risée quotidienne chaque fois que les pas de «Dada El Yakout» embrassaient la rue dominée par ce lampadaire hautain... pour des courses journalières chez l'herboriste ... cette prestigieuse «Dada» frôlée par l'amnésie...!

Les oiseaux s'échangent les sourires étendus sur les fils électriques... observant cette créature qui pénètre dans ce mur de sa malchance...!
Une envie de crever ce mauvais oeil qui épiait les pas douteux de cette silhouette ...
«C'est sûr ... c'est le mauvais oeil de la voisine ... la journée commence mal ... ce «Hjab» n'est pas si efficace que le prétendait «si lefquih» ..

Mieux vaut revenir... épargner le malheur ... et puis laisser tomber ce cumin de tristesse...» Mes yeux malicieux adoraient davantage cette «Dada El Yakout» sensationnellement candide... perdue entre les caprices des nurses...!

Voilà que ce mur orné de lumière vespérale adopte les tumultes d'esprit qui tâtonnent pour oser faire la grande traversée ... cumin... tilleul ... et romarin... Voilà... j'y suis ... maudit lampadaire...!


Moucharabieh ...!

De cette fenêtre lasse ... un regard nocturne voile la vision ...une exhalaison ramadanesque flirte avec nos envies assoiffées...!

De cette fenêtre... le son magique d'une voix usée réveille les somnolents... «le Neffar» exerce ses dons de «souffleur» ... une façon pour lui de résister à la fatalité des réveils ... à suer l'intérêt et à garder l'espoir qui lui échappe...!

De cette fenêtre.. l'encensoir oscille ... bien enchanté... prônant sa présence mystique ...! une senteur éblouissante ensevelit de pudeur les yeux qui l'embrassent ... et les voilà emportés vers les cieux bleuâtres... pénétrés ... comme on ne peut... par une délicieuse sensation d'ubiquité...!

De cette fenêtre... un octogénaire gracile... enfoui dans les plis de sa djellaba aux couleurs de pudeur... serrant un morceau de tapis dont l'usure a fait l'effet... et psalmodiant des mots anonymes ... hâte les pas comme il peut... pour satisfaire sa piété et la patience du «muezzin»...!

De cette fenêtre onirique... le goût du rêve exorbité ...exhumé... exhaussé dans un futur délicatement espéré...! Le rêve traverse les caresses ondulées de cette fenêtre... attendrit sa présence forgée... sculptée en arabesque... et cette fenêtre n'est plus que yeux douillets ... donnant la vie à cette nuit bleue... une nuit qui s'inscrit aux ténèbres de l'espoir sacré...!

De cette ouverture à lumière zébrée... le songe et la réalité ne sont plus que jeux de souvenirs délicieusement amers... tatoués sur les pas d'une âme vagabonde...!
Sucettes à la poussière des paroles...! Un regard pillé... extrait d'une amnésie poussiéreuse - un regard pressé qui dessine une sérénité tempétueuse... plutôt une tempête sereine...!

Un regard volé survolant les interactions malignes des curiosités féminines...  Combien choquante est cette promiscuité... la nouvelle voisine est autoritaire ... elle maltraite son pauvre mari ... quant à la jeune mariée du «Hadj»... elle est répugnante... qu'est ce qu'il lui trouve...! Et puis la femme du boulanger ... elle porte à présent un dentier - elle n'osait point ouvrir la bouche... que Dieu nous épargne le malheur ...!

Ah si les voisins savaient que toute l'austérité du Caïd Homman n'est plus qu'obéissance devant sa femme... il n'est que bébé... c'est bien fait pour lui...! Louange à Dieu... Hadj M'hammed mon mari... que Dieu le protège quand il entre... tout le monde se tait... il a égorgé le Chat dès le premier jour... c'est un homme.. que Dieu lui donne santé et prospérité dans son commerce...!

Quelle féroce tempête hier ... elle a cassé l'abricotier de la maison... Que Dieu nous aie en pitié...!» Et les paroles s'évaporent en des insouciances fougueuses... Tandis que ce regard volé continue de passer la chronique des images défilées à l'insu de l'envie avide de l'oeil... organe de toutes les plaisance authentiques...!


Jeu nostalgique...! 

Il ne pouvait s'empêcher de toucher au coeur de son dépaysement... ce portail grandiose qui ensorcelait son attachement candide à la senteur sacrée de sa terre...! Ce bois embrassé par des termites locaux... continue à jouer le repère de tout esprit désemparé...! Il ne pouvait s'empêcher de contempler son casque de mineur le clouant à ce sol qui n'est pas sien... et songer à ce couvre-chef / auréole qui ornait sa tête chaque fois que la prière du vendredi appelait ses fidèles....!

Oserait-il...? ...Il ne pouvait s'empêcher d'assister au défilé de ses années d'enfance... où l'odeur de ce bois de santal égayait le bois robuste de cette porte fatidique...

Pourrait-il...? Et si la terre n'était qu'un unique corps où l'on traîne son épuisement là où bonne est la quiétude... Et si la terre n'était qu'un unique coeur...!

Voilà que les réunions familiales pour fêter sa circoncision s'apprêtant à s'évaporer... et lui... refusant tout présent... se leurre derrière cette porte... mirage hypnotisant... ne daignant guère montrer son visage timide...! Il ne pourrait s'empêcher d'agoniser dans ces corons... loin de son espoir.. des yeux douceâtres d'une éternelle bien-aimée... ne gardant dans sa souvenance qu'un regard flou... teinté de marron... couleur vétuste de ce bois d'antan...!


Tatouage...! 

Désirs enfouis... j'en portais dans les images floues de mon enfance...!
j'en humais la senteur à travers les années qui défilent avec lassitude pressée devant le miroir de mon visage...! et ce ciel déguisé en oripeaux grisâtre... seul témoin de cette existence effervescente qui change de souci chaque fois que le souci en a assez de supporter les corps épuisés dans les djellabas ou les caftans...

Des lassitudes... emportées par ce «chergui» qui fait enivrer les arbres entrelacés... chaleur orientale soufflée par Eole pour manifester sa robustesse éternelle... ce «chergui» prompt... avec son don de brider les yeux... ensevelit les irritations et annonce le «moussem» des fugues estivales..!

Cette image me revient... cette allée où excellait mon vélo... cet arbre que j'ai lésé en apprentissage.. ce sentier où grandissait mes rêves... cet oranger que je grimpais pour songer à mon monde platonique... ce vieillard que j'imitais pour combler mes désirs simiesques... ce marchand éternel dont les saveurs rendaient impatientes mes tirelires.. cet «Imam» à qui je baisais la main pour satisfaire toutes les bénédictions... ce marabout dont j'empruntais les bougies posées avec chagrin espérant d'une vieille fille...!

Le capuchon de ma djellaba tatouait ma timidité... Le voilà qui annonce la fin d'un désir... trop onirique...!


La nuit des songes...!

Ma voix n'est plus que l'écho sordide d'une chaleur qui martyrise la beauté... telle ce fer qui s'accroche à sa carasse entre la cruauté du marteau et l'assistance médiocre de l'enclume qui ne fait qu'éviter les coups en sacrifiant ce corps qui s'y attache...!

Je traverse les pieds qui tatouent mes pensées... et je trouve l'araignée de mes rêves... innocemment ceinte au feu éternellement rouge...!
Et les passages interdits crient multitude... Ô désarroi des émois...! L'amour extériorise ma douleur... et l'amertume dépucelle la terreur enfouie dans mon coeur et ce chant lugubre qui s'offre à moi... m'emmène en une transe qui ne fait qu'exorciser le démon hantant mon esprit...!

Les «gnaouas» m'adoptent comme mariage du rouge et du noir... union nocturne et aube lointaine...! Et je me laisse emporter par le vent de l'automne ... je me laisse ensevelir par l'odeur à la fois belle et répugnante du Henné fleurissant dans toutes les mains qui touchent mon visage... je contemple mes signes aux couleurs mystérieuses... et le vent fait sa chute au coeur du désert... là, je découvre les dunes où je suis qu'un grain de sable posé à l'insu du temps... mon existence se viole quand les chameaux me choisissent pour malaxer ma solitude à leurs urines... et voilà que je redeviens une rose des sables ornant la petite vitrine d'un amateur de roches exotiques...!

Mais le resplendissement de mes yeux refuse d'appartenir aux «gnaouas» au «Henné» ... au désert... aux roches...
Le voilà qui rejaillit du néant pour me ramener à ma candeur... et dépoussiérer ainsi les montres de leur temps mécanique...!

Me revoilà au pied d'un marabout... me réveillant délicieusement par le coup brutalement féerique d'un veilleur de nuit... Ô délivrance...!
L'appel d'Adrar...! ... là-bas ... loin ... au-delà des massifs blanchâtres... au-delà de l'orbe du soleil... les hameaux bruns résident quiets... enjambant la promptitude des esprits... et préservant avec soin.. toute l'authenticité/offrande de Dieu...!

Ce douar berbère orne sa sérénité de la béatitude enfouie dans les coeurs... et prône sa présence féerique à travers sa beauté exceptionnelle inspirant les plus prolifiques des aquarellistes... et dire que l'on force le regard à avaler l'amertume des maquillages... et ces yeux ... muse de mes lignes ...m'espèrent une éternelle unisson...!
«Inna»... je refuse mon sevrage ... reprends ma tête sur ta poitrine... laisse-moi ouïr ton coeur me berçant tendrement... narre tes infinissables histoires... embrasse mes joues en me chuchotant «Tassanou!»..

Tu es la seule à entendre la voix de Dieu à le prier .. à lui confier mon bien-être...! «Inna»... ta senteur si émouvante est tout mon désir olfactif... même ce «Rêve d'or» que tu mets pour les fêtes semble vider de mon odorat tous les parfums...! «Inna»... souris à mes espérances ... protège mon innocence de la peur d'un «Amaâdour» lointain... de toute la folie bien proche... je ne suis qu'un bout de rêve voltigeant à l'insu des vents...j'ai besoin de ton talisman «Inna»... de ces plantes posées sur mon franc fiévreux ...de ces herbes avalées pour vaincre ma douleur... de ces versets psalmodiés par ta piété pour adoucir mes rages... de ta présence... de ma lassitude dans tes bras... de la lumière de tes yeux éclairer mon coeur sombre...! «Inna» .. telle une étoile filante ... je te vois luire mais ne puis toucher ta tendresse... tellement absorbé par mes chimères ... ta vue est le souhait meublant mon existence...! «Inna»... et ce hameau qui m'appelle... les noces du fils d' «Amghar» ... «Ahouach» annonçant la liesse nocturne... «Erraïs»... excelle sur son «R'bab» virtuose enivrant les esprits... ce cri «Amazigh» déchirant le silence du ciel et de l'ennui habitant mon âme ...!

«Inna» ... accouche de moi ... derechef ...baptise-moi ... nomme moi «fleur de lys» ... je veux quitter la vie outre-montagne pour enterrer mes envies dans tes pieds... t'apporter l'eau et t'allumer le feu... manger de ton pain et boire de ton sein ... faire mon pèlerinage dans ton coeur... et renaître dans la lumière de tes yeux...!


Retour...!

Revenir à ce soleil du crépuscule qui a vu la genèse de toute une myriade d'esprits... des rus coulant de nulle-part ... hydratant les vues ensoleillées...!

Embrasser encore et encore le sol fertile chaque fois que la tête se baisse de foi et de croyance ... Sentir l'ardeur jaillir de corps luisant des mouches locales... des abeilles ornant les cacahuètes caramélisées aux recoins de la place...!

Pourquoi... bon... ne pas revenir...!
...le «Neffar» appelle ...comme pour éveiller des yeux parsemés de paresse ... Il adopte ce retour dans le son féerique de son «cor» céleste... le son que les petits esprits filent en contemplant avec fierté le gonflement momentané de ses joues ... «joues du Neffar»...!

pourquoi... bon... ne pas revenir ...!
...et cette «chebbakia» qui invite l'odorat enchanté ...ensorcelé par l'effet, éternellement énigmatique de ces «lettres chinoises»

pourquoi... bon... ne pas revenir...!
... et ces «Dchours» atlasiens qui rayonnent ... regard ocre abritant oiseaux et protagonistes dans ce spectacle insaisissable... laissant s'infiltrer un cri majestueux... une voix montagnarde qui sonne encore ...sopranos sensuels ... brisant les ouïes banales ... et excellant rien que pour ce morceau paradisiaque...
un chant atteignant l'au-delà des prouesses... criant désespérément ... revenez esprits oublieux...!


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