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"La perfection des moyens et la confusion des buts semble caractériser notre époque" (A. Einstein).

Il me semble, en effet, que l'effet de prédation, sous ses multiples formes, se trouve à l'origine de cette confusion : actuellement, les divers conflits se situent dans les collectivités humaines au niveau de cette lutte, essentiellement économique, tendant à amener un groupe, rarement une individualité, à la suprématie.

Tout ce que je fais, j'essaie à présent de réfléchir s'il m'appartient de le faire pour moi, ma famille, ma patrie, l'humanité tout entière, le monde vivant. Je suis souvent peu surpris de constater que mes buts sont en grande majorité égoïstes, qu'ils privilégient de façon décroissante l'énumération précédente. Le conditionnement dû à l'héritage culturel ne suffit pas à expliquer ce comportement.

Je constate qu'il y a aussi dans les formes primitives de vie des affrontements liés à la prédation et la vie semble s'en nourrir. Fort heureusement, il y a quelques garde-fous, se situant au niveau du ressenti. Encore faut-il que les expériences personnelles et certaines dispositions propres à l'être l'amènent à penser autrement que la grande majorité. L'ennui, c'est que, certains instincts, notre héritage culturel, eux, masquent quelque peu les effets bénéfiques du ressenti : qu'est ce que l'amour d'autrui, qu'est-ce que la compassion ?

En quoi le noble sentiment peut-il m'amener à dépasser mes réactions ataviques ? Puis je tolérer qu'un frère humain se trouve dans un état extrême de faiblesse ? Perte d'emploi, de repères sociologiques, la maladie du siècle, et misère, la maladie de tous les siècles, tandis que s'affrontent mondialement de puissantes entreprises.

Ainsi, le 20ème. siècle aura effectivement permis une domination de la nature et son extrême exploitation au profit de l'homme, par la perfection toujours renouvelée des moyens, mais, et c'est une chose curieuse, cette évolution n'a pas été faite pour l'homme. La raison en est peut être dans cette confusion des buts : nous reproduisons, par nos motivations les plus brutes, ce que nous pouvons observer dans la nature, l'effet de prédation. Notre conscience individualisée, dont le potentiel nous a été octroyé à la naissance, en serait-il la cause ?

Se pourrait-il que le ressenti puisse nous amener à une notion de conscience collective, déjà perceptible au niveau des entreprises, des nations ? Il faudrait pour cela travailler sur notre identité culturelle. C'est notre intolérance qui est à l'origine de la division, de l'échec collectif dans son universalité.

"La règle d'or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu'une partie de la vérité et sous des angles différents" (Gandhi)

Cette intolérance est motivée par la peur, la peur que provoque l'appréhension du potentiel de destruction qui est inclut en chacun de nous, et dont les premières conséquences sont la perte de la dignité, et les plus ultimes la perte de sa propre intégrité, La peur que je situe aussi dans le domaine du ressenti. Ainsi chaque composant de la société humaine (individu, famille, patrie, entreprise..) reçoit des pulsions dont les effets sont contraires : l'amour, qui nous invitent à accueillir, à partager, à donner, et la peur, qui provoque le rejet de la différence, la peur qui nous motive à trouver refuge au sein d'un groupe.

L'ennui, c'est que c'est justement au sein d'un groupe que, si la démarche de collusion n'est pas proprement personnelle, la sécurité nous est octroyée en retour à une démission pouvant aller jusqu'à une certaine aliénation de l'individu.

Je constate que nos valeurs spirituelles traditionnelles révèlent assez bien cette rémission : apprentissage et assimilation des dogmes, idéologiques ou religieux. Ces valeurs constituent malgré tout un contrepoids performant aux motivations égoïstes : la charité chrétienne, le communisme... etc...

Patrice.


Il ne me semble guère commode
de vouloir toujours suivre la mode.
Pour paraître, chacun pratique son art
a suivre l'air du temps, au moins sur le tard.

Honneur et Gloire motivant à récidive
révèlent  l'extrême conformité distinctive.
Ainsi rassurés, tous les adeptes de Panurge
sauront participer aux actes de purge.

Le saltimbanque ne dispose que de son coeur
sa singularité s'exhibe, et il leurre
leurs apparents sourires couvrent ses pleurs.
Car ils veulent faire de lui l'un des leurs.

Ecrire à Patrice.


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